La nationalisation et le réarmement

Usine de Châteauroux - Collection Dassault Aviation
Conformément à son programme électoral, le gouvernement du Front populaire fait adopter à la Chambre des députés, le 17 juillet 1936, une loi de nationalisation de l'industrie d'armement. L'industrie aéronautique est directement concernée. La nationalisation d'une grande partie du secteur des cellules entraîne la création de six sociétés nationales de constructions aéronautiques.
Le 16 janvier 1937, la société des Avions Marcel Bloch est intégralement nationalisée, ses usines (Courbevoie, Châteauroux-Déols, Villacoublay, Bordeaux) servent à constituer l'essentiel de la Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO). Comme le ministre de l'Air, Pierre Cot, ne dispose pas de cadres assez qualifiés pour la diriger, il demande à Marcel Bloch d'en être l'administrateur délégué.

Statuts de la SAAMB - Collection Dassault
Aviation
Bien que ses usines aient été expropriées, Marcel Bloch conserve la libre disposition de son bureau et de son atelier d'études. Il regroupe ses moyens en créant, le 12 décembre 1936, à Courbevoie, la Société Anonyme des Avions Marcel Bloch (SAAMB). Cette société peut réaliser et mettre au point des prototypes qui sont fabriqués en série par les seules sociétés nationales. Indépendance de courte durée puisque le 17 février 1937, par avenant à la convention du 16 janvier, le ministère de l'Air obtient l'intégration du bureau d'études libres de la SAAMB à la SNCASO.

MB 152 - Collection Dassault Aviation
Devant la dégradation de la situation européenne, l'État se lance en 1937 dans une politique de réarmement. Il devient urgent de fabriquer de nouveaux appareils pour contrer la puissante Luftwaffe que crée Adolf Hitler. La SNCASO relève le défi du réarmement et produit les avions de chasse monomoteurs de la série MB 150 puis un bombardier bimoteur MB 170 et ses dérivés, ainsi qu'un quadrimoteur de transport civil, MB 161.
Marcel Bloch et Henry Potez, achètent un immeuble avenue Kléber à Paris où ils installent leurs bureaux. Puis, Marcel Bloch acquiert des terrains à Saint-Cloud sur lesquels, en 1938, il entreprend de construire une nouvelle usine. A défaut d'avions, il y construit des hélices Chauvière qui équipent les appareils de combat fabriqués par les sociétés nationales ainsi que des petits moteurs pour avions de tourisme. Pour répondre à l'augmentation de la production, la SAAMB acquiert, en septembre 1939, à Talence, près de Bordeaux, des bâtiments à usage industriel qu'elle rétrocède à la société Bordeaux-Aéronautique, constituée en octobre 1939. De tous les futurs belligérants de 1940, c'est la France qui fournit l'effort de réarmement le plus important.


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