La politique industrielle de Dassault
Dassault s'impose au fil des ans comme la seule entreprise capable de fournir des avions de combat qui correspondent aux besoins de la défense française. Les appareils fabriqués par Dassault contribuent à faire tourner toute l'industrie aéronautique française, sociétés nationales et sous-traitants privés. La fabrication, seul ou en coopération, d'avions pour les besoins nationaux évite de coûteux achats à l'étranger.
Dassault a toujours été favorable à la coopération à condition qu'elle soit efficace, c'est à dire tant que le maître d'œuvre conserve la responsabilité financière et industrielle. En effet, pour faire face au développement de ses activités industrielles avec le souci de ne pas " gonfler " outre mesure ses propres moyens de production, la société Dassault a tissé des liens étroits avec plusieurs industriels français et étrangers. Les processus de coopération sont très divers, allant de la sous-traitance industrielle pure et simple à la participation financière privée.

Fraiseuse à usiner les longerons - Collection Dassault
Aviation
Ainsi la société Dassault observe-t-elle, depuis sa création, les mêmes règles industrielles en :
- assurant la maîtrise d'œuvre de ses programmes, du développement à la livraison puis au service après-vente, en passant par les phases d'industrialisation et de production en série;
- confiant la production de bon nombre d'éléments de série à des coopérants en France, parfois à l'étranger, tout en se réservant 20 à 30 % de la structure, l'assemblage final et les essais en vol ; elle recherche essentiellement des sous-traitants pour l'usinage des pièces primaires et petits sous-ensembles, en s'adressant à des entreprises aéronautiques de taille moyenne mais aussi "non-aéronautiques", installées en région parisienne ou en province;
- lançant sur fonds propres le développement de prototypes d'avions de combat (Mirage III, Mirage F-1 ou d'avions civils (Mystère-Falcon 20 et 10).
- consolider l'implantation à l'étranger et préparer les ventes futures en associant un grand nombre de firmes européennes (notamment en Belgique, en Italie, en Espagne) aux divers programmes, sous des formes contractuelles variables.
Sur le plan commercial, un service de ventes et d'après-vente est mis en place et cherche à s'implanter dans chaque grande zone géographique. Ces investissements sont juridiquement adaptés à chaque cas, allant de la filiale intégrale jusqu'au simple accord avec une société locale, en passant par la délégation Dassault permanente. Ces services travaillent avec les services de l'État ainsi qu'avec l'USIAS (Union syndicale des industries aéronautiques et spatiales).

Chaîne de Mirage III - Collection Dassault Aviation
Le Mirage III, un exemple de génie technique et industriel
Dérivé de la formule du premier Mirage qui ne donne pas satisfaction et dont il garde l'aile delta, le Mirage III est étudié dès la fin de 1955. Pour son pilote d'essais, Roland Glavany:
"C'est à cette occasion que Marcel Dassault fit, à mes yeux, la preuve la plus éclatante de son génie industriel:
- prise de conscience d'une impasse;
- décision de lancer à ses frais un prototype plus réaliste;
- associer pourtant les services officiels de telle sorte qu'il puisse utiliser l'aile déjà lancée du Mirage I 02;
- harceler son bureau d'études et son atelier prototypes qui firent des miracles;
- faire voler ce prototype un an après la décision, le 17 novembre 1956;
- l'imposer aux services officiels par ses qualités propres;
- obtenir commande de présérie dont le premier, et en fait nouveau prototype, le Mirage III A 01 vole le 12 mai 1958.
Tout est ici réuni des qualités du grand industriel."
Anecdote
Pour le général Georges Grimal, chef du Bureau des programmes des matériels de l'armée de l'Air en 1949 :
"Avant l'Ouragan, Marcel Dassault n'était pas considéré. Par contre, après, il a été pris très au sérieux. Avec son grand flair humain et technique, son réalisme et sa rapidité, il a démontré que la France était capable de faire des choses intéressantes dans le domaine des avions à réaction. Les autres industriels ont alors commencé à être dans son ombre, puis ont été éclipsés car ils présentaient des projets incomplets ou des avions d'emploi peu pratique. Nous avons eu confiance en lui et dans sa société, nous n'avons pas eu à le regretter."
Zoom
Entre 1959 et 1965, Dassault et Sud-Aviation coopèrent sur les programmes Communauté, Spirale, Voltigeur, Concorde et avions à décollage et atterrissages verticaux. Mais c'est sur le Mystère 20 qu'elles iront le plus loin ensemble. Développé sur les fonds propres de Dassault et produit en coopération avec Sud-Aviation, le prototype du Mystère 20, effectue son premier vol, le 4 mai 1963, à Mérignac. Tous les fuselages de l'appareil sont construits par l'usine Sud-Aviation de Saint-Nazaire.






