L'apport de Dassault à l'économie française
Durant les années 60, la Guerre froide devient " chaude " par pays interposés, notamment au Viêt-Nam tandis que le conflit israélo-arabe prend une nouvelle ampleur.
La conquête de l'espace, enjeu stratégique et médiatique, prend le pas sur la conquête de l'air. Durant cette période, la société Dassault participe au renouveau national en réalisant, seule ou en coopération, des programmes qui contribuent à porter l'industrie aéronautique française au troisième rang mondial.

Un mois de production à Mérignac en 1973- Collection
Dassault Aviation
Les ventes à l'exportation dans l'aviation militaire et civile permettent à l'État d'acquérir des appareils à un prix plus abordable grâce à une plus longue série. De plus, pour l'économie nationale, les bénéfices financiers sont évidents, ce que souligne Benno Claude Vallières :
"Pour l'aviation militaire, quand l'on examine le cas du Mirage III et la somme investie par l'État pour avoir ce Mirage III, plus l'outillage pour le fabriquer et que l'on rapporte cette somme au chiffre d'affaires à l'exportation, celui-ci représente 1,58 %. C'est-à-dire que pour 1,58 F d'investissement, on a procuré 100 F d'exportation à l'État".
" Pour le Mystère 20, si on fait le rapport en tenant compte de la partie non remboursée à l'État cela représente 2,75 % ; pour le Mirage F 1 : 8,12 % ; pour le Mystère 10 : 10,6 %."
En 1976, les AMD-BA sont classés troisième exportateur industriel français et premier exportateur aéronautique. En 1977, la société enregistre 11 milliards de francs de commandes à l'exportation. Si on y ajoute les commandes induites par AMD-BA, c'est-à-dire les commandes de moteurs, radars, engins qui équipent les avions (commandes reçues par la Snecma, Thomson - CSF et Matra), Dassault - Breguet génère plus de 16 milliards de francs de commandes à l'exportation, soit le quart de la facture pétrolière annuelle de la France.
La vente d'un avion Dassault profite à l'ensemble de l'industrie aéronautique française. La société ne produit en réalité qu'une part largement minoritaire de l'avion portant son nom. Elle apparaît donc comme le moteur de tout un tissu industriel, d'autant plus large que chaque ensemble sous-traite lui-même une partie de ses fabrications.

Collection Dassault Aviation
Le Rapport de la Rand Corporation
Le succès de la société Dassault intrigue. Ses caractéristiques sont analysées à l'étranger, particulièrement aux États-Unis. En 1973, l'armée de l'Air américaine commande une étude à la Rand Corporation, institut de recherche et d'analyse californien, concernant les AMD-BA, qualifiés de société qui " a généralement la réputation d'être l'une des firmes occidentales les plus efficaces dans le domaine de la conception et de la fabrication des avions ". L'objet est d'examiner et d'évaluer la société Dassault, d'identifier ses qualités et d'envisager ce qui, après une certaine adaptation, pourrait être transposé aux États-Unis.
Le rapport insiste sur "le prix, les performances, la livraison rapide et l'adaptabilité à une vaste gamme d'applications" qui constituent "les atouts majeurs" de la Société.
Zoom
La guerre des Six Jours
Le 5 juin 1967, à l'aube, une poignée de Mirage III israéliens, accompagnée d'Ouragan, de Mystère IV, de Super Mystère et de Vautour, détruit en quelques heures l'essentiel des aviations arabes coalisées.
Les Mirage III ont permis de gagner une guerre. Les exploits des pilotes israéliens de Mirage font alors entrer le nom de Dassault dans le patrimoine culturel mondial de l'aéronautique. Désormais, Dassault et Mirage sont des noms indissolublement liés. Associés à la politique extérieure de la France, le Mirage III et ses dérivés connaissent désormais de grands succès à l'exportation. Neuf cent quarante quatre appareils sont vendus ou produits sous licence dans vingt pays. L'embargo décidé par le gouvernement français en 1969 met fin aux ventes d'avions de combat français à l'État d'Israël.


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