Les prises de participation de l'État
A partir du milieu des années 60, l'État favorise un processus général de concentration afin de former des sociétés capables de rivaliser avec leurs concurrentes internationales.Dans le domaine des cellules, deux sociétés subsistent alors : la Société nationale industrielle Aérospatiale (SNIAS) et Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMD-BA). En 1965, à la suite de directives gouvernementales du ministre des Armées, Pierre Messmer, elles sont spécialisées :
Aérospatiale dans l'aéronautique civile, les hélicoptères, les engins et les satellites, Dassault-Breguet dans les avions de combat et l'aviation d'affaires.

R. Barre et B.C. Vallières au salon
du Bourget. Derrière, S. Dassault -
Collection Dassault Aviation
Tenant compte de ces considérations, lors du salon du Bourget de 1977, le Premier ministre, Raymond Barre, annonce la décision de l'État de prendre une participation minoritaire (20 %) dans le capital des AMD-BA Deux ans après l'annonce au salon du Bourget, un décret crée la Société de gestion de participations aéronautiques (SOGEPA).
Société anonyme, elle doit gérer les participations qui lui sont dévolues par l'État dans le capital de la Société nationale industrielle Aérospatiale et dans celui des AMD-BA. La SOGEPA possède 20 % du capital de Dassault-Breguet et 25 % de celui de l'Aérospatiale où l'État conserve directement 75 % du capital.
La nationalisation des AMD-BA étant l'une des premières mesures envisagées par le Programme commun de la gauche, l'élection, le 10 mai 1981, de François Mitterrand à la Présidence de la République, entraîne son application. Aux termes d'un Protocole d'accord signé le 8 octobre 1981, la Société Centrale d'Études Marcel Dassault (SCEMD) cède gratuitement à l'État 26 % des actions qu'elle détient dans le capital des AMD-BA. Principal client de l'entreprise, au titre de la défense nationale, l'État français est omniprésent car il:
- définit les missions que doivent accomplir les avions militaires qu'il commande et donc leurs principales caractéristiques techniques;
- finance une partie des études de développement;
- contrôle le taux horaire servant de base à la facturation.
Pour l'exportation, il est l'intermédiaire obligé dans les relations avec l'étranger. La Commission interministérielle d'études des exportations des matériels de guerre (CIEEMG), placée sous l'autorité directe du Premier ministre, lui permet de contrôler et d'autoriser les relations de la Société avec les acheteurs étrangers d'avions militaires.


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