Les révolutions technologiques
De 1970 à 1986, le nombre de prototypes mis en vol se réduit. Ce phénomène, normal, est dû à l'évolution de la technique qui atteint un niveau où presque toutes les formules ont été expérimentées. Il ne s'agit plus " d'aller voir ", comme dans les années 50 et 60, pour trouver la meilleure solution. Elles sont déjà connues, en particulier grâce à l'apport de l'informatique (logiciel CATIA) qui permet de définir, bien avant le premier vol, les meilleures caractéristiques des modèles envisagés. L'utilisation des matériaux composites s'est généralisée tandis que les commandes électriques permettent une amélioration importante de la manœuvrabilité.

Collection Dassault Aviation
La définition et la réalisation d'avions par ordinateur
Dès 1969, la société Dassault développe un programme interactif graphique de lissage des courbes puis, l'année suivante, se lance véritablement dans la Conception assistée par ordinateur (CAO) en achetant CADAM (Computer Aiding Design and Manufacturing), un logiciel bidimensionnel mis au point par Lockheed, uniquement adapté au dessin.
La Société développe ce concept avec une philosophie originale : elle vise d'emblée la fabrication industrielle. Ces activités sont regroupées dans le programme DRAPO (Définition et réalisation d'avions par ordinateur) mis en service industriel à la fin de l'année 1975. En 1978, Jean Cabrière, directeur général technique, demande le développement d'un outil tridimensionnel.
Un nouveau programme du système DRAPO, le programme CATI (Conception Assistée Tridimensionnelle Interactive) est créé par le Service CAO. Utilisé pour l'usinage de pièces complexes, il est également destiné à la fabrication d'éléments de maquettes de soufflerie à partir de plans de forme défini par DRAPO. C'est ainsi que CATI permet de concevoir et d'usiner la première voilure de soufflerie en quatre semaines alors qu'auparavant la construction d'un tel modèle demandait six mois. En 1981, CATI est rebaptisé CATIA (Conception Assistée Tridimensionnelle Inter Active). Ce logiciel permet de réduire les temps de cycle, d'améliorer la qualité et d'optimiser les rendements en production. Une société chargé de le développer et de la commercialiser est créée le 5 juin 1981 : Dassault Systèmes. A cette même époque, IBM, qui cherche à mettre à son catalogue un logiciel de conception en trois dimensions, teste CATIA avec d'autres logiciels américains et japonais. En juillet 1981, il choisit CATIA et signe avec Dassault Systèmes un contrat de distribution non exclusif.
Précurseur dans le domaine de la CFAO, Dassault Systèmes se place rapidement dans le peloton de tête des sociétés françaises exportatrices du secteur informatique et même au premier rang pour le chiffre d'affaires à l'exportation.

Collection Dassault Aviation
L'emploi de nouveaux matériaux
De nouveaux matériaux apparaissent durant cette période. Ils permettent de réduire jusqu'à 30 % le poids de la structure pour un prix de revient souvent comparable à celui des fabrications classiques.
Dassault a ainsi réalisé :
- un rail de volet d'hypersustentation du Mercure 100 en titane (allégement de 20 %);
- un gouvernail de direction en stratifié carbone pour le Mirage III (allégement de 23 %);
- un volet de courbure de Mirage F 1 en stratifié fibre de bore (allégement de 27 %);
- l'aileron du Falcon 50 (premier avion au monde certifié avec un élément vital en composite);
- une voilure de Falcon 10 (premier avion au monde certifié avec une voilure en carbone).
Les commandes de vol électriques et l'intégration des systèmes
La société Dassault développe l'étude du pilotage dit " fly by wire ". Cette technique permet de concevoir des avions instables, donc non pilotables manuellement dans une partie du domaine de vol, l'instabilité étant compensée par la gestion du vol par ordinateur. Ces ordinateurs, par l'intermédiaire d'une transmission électrique, donnent des ordres aux servocommandes qui agissent sur les gouvernes de l'appareil afin de maintenir une parfaite stabilité de vol.
Les premières commandes électriques apparaissent sur le Mirage IV, en 1959, mais doublées par des commandes mécaniques. Le Mirage 2000 est, en 1975, le premier avion " tout électrique " de la société à être fabriqué en série. La conception du Mirage 2000 permet de faire fonctionner ensemble les commandes de vol et le radar. Avec un radar de suivi de terrain, le pilote ne touche plus aux commandes qui sont asservies aux ordres donnés par le radar à travers un calculateur. On assiste ainsi à une première intégration systèmes. L'étape suivante est celle de l'intégration généralisée des systèmes autour du calculateur central, c'est celle du Rafale.


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