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Illustrateur depuis une vingtaine d’années, avec de nombreuses collaborations de prestige à la clé (« Team Rafale », « Rafale Leader », « Tanguy et Laverdure », etc.), Matthieu Durand a accepté de nous livrer quelques secrets de fabrication.
– Bonjour Matthieu, qu’est-ce qui vous a amené à devenir dessinateur de BD d’aviation ?
Cela a (presque) toujours été mon objectif professionnel ! Quand enfant, j’ai découvert la bande dessinée d’aviation avec « Tanguy et Laverdure », « Buck Danny », « Dan Cooper », « Biggles », cela été une révélation : je voulais dessiner des histoires avec des avions militaires, à défaut de les piloter.
– Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Mon premier maître a été Francis Bergèse, car j’ai grandi avec ses « Buck Danny » : j’admirais, et encore maintenant, son dessin plein de précision qui comblait ma passion pour l’aviation militaire. Puis j’ai découvert les « Tanguy et Laverdure » d’Uderzo, dans un style différent qui a élargi mon horizon artistique.
– Quels sont les défis les plus importants pour représenter des scènes de combat ?
Il faut que le lecteur se retrouve dans l’action, comme s’il était aux commandes. Il ne faut pas que ce soit une simple succession de très belles cases, elles doivent collaborer dans l’entièreté de la planche. Pour moi, ça commence, avant de dessiner, par reproduire dans ma tête les trajectoires à l’aide mes mains comme le font les vrais pilotes, de maquettes, de schémas façon ruban. Ensuite, au moment du storyboard, je conçois la planche dans son ensemble, pour que l’agencement des cases et les différents angles de vue retranscrivent tout cela au mieux. Dans « Team Rafale » et « Rafale Leader », j’avais plus de possibilités d’explorer des mises en page originales, avec des avions qui sortent des cases. Avec les « Tanguy et Laverdure Classic », ce jeu est plus compliqué car je dois composer avec les codes des années 1960 et me restreindre à un « gaufrier » très classique.
– Quels sont les appareils et les époques qui vous inspirent ?
J’ai toujours été passionné par l’aviation militaire française, même hors du contexte de la BD. Au début, les avions modernes avaient toute mon attention, mais dès je me suis mis à collectionner les équipements de vol français mon intérêt a glissé vers la période des années 1960-1970, avec une spécialisation dans les chasseurs nationaux. Aussi, quand on m’a proposé de prendre les commandes du dessin de « Tanguy et Laverdure Classic », qui se déroule justement dans cette période et met en scène les avions de l’Armée de l’Air, j’ai été plus qu’emballé !
– Quelle est la place de Dassault Aviation dans votre univers ?
Dassault Aviation occupe une place très importante pour moi du fait de ma passion pour l’aviation militaire française, à part quelques autres constructeurs, c’est un peu le fournisseur officiel de nos forces aériennes nationales. J’ai grandi avec le Mirage 2000C, c’est un avion que je trouve magnifique. Puis avec « Team Rafale », j’ai découvert le Rafale sous toutes ses coutures : lui aussi est très esthétique. Mais aujourd’hui, avec mon penchant pour l’Histoire, je suis certes un fan des Mirage IIIC, E, R 5F, etc. (qui ne l’est pas ?), mais je dois avouer que je leur préfère la série des Mystère, avec un faible pour le SMB2 !
– Quels sont vos prochains projets ?
« Tanguy et Laverdure Classic » m’occupe à plein temps et me comble pleinement. Je n’ai donc pas d’autre projet en vue que celui de continuer à faire vivre des aventures « vintage » aux deux plus célèbres pilotes de chasses français de la bande dessinée !
Merci à vous