+1 Ajouter au porte document

Mystère-Falcon 10-100

Le Falcon 10 vole pour la première fois à Bordeaux-Mérignac, le 1er décembre 1970, aux mains d’Hervé Leprince-Ringuet et de Jean Coureau.

Origines et contexte

A la fin des années 60, Pan American, tout comme l’état-major de l’armée de l’Air, est intéressé par un petit avion de liaison qui aurait les performances du Mystère 20 mais à un coût moindre. L’équipe Dassault envisage d’abord de dériver du MD 320 Hirondelle, biturbopropulseur Turboméca Astazou, une Hirondelle biréacteur Snecma Larzac. Ce projet est abandonné.

L’étude est relancée au début de 1969. Le 5 mai, Benno Claude Vallières informe la DGT qu’un prototype Mini-Falcon doit être étudié et construit à Mérignac avec l’aide du bureau d’études de Saint-Cloud et des usines de la région parisienne. L’appareil, directement dérivé du Mystère 20 pour 4 à 7 passagers, doit être équipé de nouveaux réacteurs dont le choix n’est pas encore fait.

Une nouvelle génération de petits réacteurs de la classe d’une tonne de poussée avec une consommation spécifique assez faible étant apparue à la fin des années soixante, Dassault propose un mini Mystère 20 qui prend le nom de Mystère 10 puis de Falcon 10.

Falcon 10 en vol
Falcon 10 en vol

Falcon 10

En 1969, Garrett Corporation décide le lancement d’un réacteur plus petit que l’ATF 3, le TFE 731 (Turbofan Engine 731). Ce nouveau réacteur correspond aux besoins de motorisation du Falcon 10. Il réduit la consommation de 50 % au décollage et de 33 % en vitesse de croisière par rapport à l’ATF 3. Dassault et Pan American perçoivent rapidement le gain d’autonomie que peut apporter ce nouveau moteur et signent un protocole d’accord avec le motoriste américain lors du salon du Bourget de mai 1969, où une maquette du Falcon 10 est exposée.

Le 31 décembre, un an avant le premier vol, Pan American passe commande de 40 appareils avec une option sur 120 autres tandis que Travelair, filiale de la compagnie aérienne allemande Lufthansa, en commande 15 pour les vendre en République Fédérale d’Allemagne et en Scandinavie.

Jacques Chirac, alors secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances, donne son accord, ce qui permet de passer à l’industrialisation du programme.

Le Falcon 10 intègre des nouveautés technologiques :

  • première application civile d’un réservoir de fuselage en structure intégrale ;
  • première application en France d’une aile calculée tridimensionnellement, ceci en commun avec celle du Mercure.
Falcon 10, sortie d’usine
Falcon 10, sortie d’usine

L’appareil, équipé provisoirement de deux réacteurs General Electric CJ 610, vole pour la première fois à Bordeaux-Mérignac, le 1er décembre 1970, aux mains d’Hervé Leprince-Ringuet et de Jean Coureau.

Après les premiers vols, les responsables du programme constatent que si les performances attendues sont bien au rendez-vous, cette formule d’appareil pose quelques problèmes. En effet, ce « petit » appareil a des performances qui s’apparentent à celles d’un avion de chasse, ce qui est exceptionnel, mais, alors qu’un avion de chasse n’a pas à satisfaire des règlements civils, l’avion civil doit répondre aux spécificités du transport aérien. Cette adaptation nécessite la modification de la voilure d’origine, l’amélioration de la stabilité à grande vitesse et le perfectionnement des lois de commande de vol.
Quand l’appareil revole, en mai 1971, les problèmes ont disparu, le Falcon 10 est devenu le plus rapide des avions d’affaires.

Le Falcon 10 02, remotorisé avec les réacteurs Garrett TFE 731-2, effectue son premier vol en octobre 1971.

Falcon 10 en vol
Falcon 10 en vol

Alors que les essais en vol du Falcon 10 01 se déroulent sans problèmes, le 31 octobre 1972, à l’issue d’un essai de déroulement des trims latéraux exigé pour la certification, les mouvements transversaux amènent une rupture structurale entraînant la perte de l’avion et le décès de l’équipage composé d’Alain Trétout et Jacques Ladeux.

Le programme n’est pas remis en cause mais la certification s’en trouve retardée jusqu’en septembre 1973, délai nécessaire pour modifier l’appareil. En définitive, il est construit en coopération internationale sous maîtrise d’œuvre de Mérignac : la voilure chez CASA en Espagne, les empennages chez SACA en Italie, les nacelles des moteurs chez Rohr aux Etats-Unis, le fuselage chez SOCATA, SOGERMA, Potez, Latécoère et Reims-Aviation. Les servocommandes sont conservées par Dassault-Breguet. La chaîne de montage, d’abord installée à Mérignac, est, après l’arrêt du Mercure, transférée à Istres en 1975.

Falcon 100

Le Falcon 100, un Falcon 10 avec soute à bagages comportant un accès de l’extérieur et une cabine améliorée, est le premier avion d’affaires certifié avec EFIS, écrans couleur qui remplacent les instruments électro-mécaniques dans le poste de pilotage.

226 Falcon 10 et 100 ont été livrés avec comme client des personnages tel que le chef d’orchestre Herbert von Karajan.