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AVE

Origines et contexte

L’analyse des conflits du XXe siècle montre que dans la première décennie du XXIe siècle, le théâtre d’opérations verra la mise en œuvre d’un réseau de combat constitué d’avions d’armes habités accomplissant leurs missions offensives en association avec des aéronefs inhabités UAV (Uninhabited Air Vehicle) également appelés drones. Ces derniers assureront, sous le contrôle d’un système de renseignement du champ de bataille, des missions de reconnaissance, de brouillage/leurrage, et de relais de communication ayant pour objectifs la permanence et la communication des informations en temps réel. A moyen terme, les UCAV (Uninhabited Combat Air Vehicle) réaliseront des missions offensives air-sol d’interdiction seront réalisées et, à plus long terme, des missions air-air avec, dans les deux cas, des caractéristiques de discrétion et de complémentarité avec les avions habités.

L’intérêt de ce concept est, en temps de guerre, de ne pas risquer la vie des équipages, tout en permettant le tir d’armements précis, en permanence et par tous les temps, face à des menaces performantes, suivant des options opérationnelles nouvelles. En temps de paix, il réside dans la réduction des coûts de maintenance et d’entraînement, dans la limitation de l’impact environnemental des vols d’entraînement et dans la capacité d’évaluer les systèmes et d’entraîner les équipages.

A la fin des années 1990, Dassault Aviation met en place une démarche de démonstration novatrice, autonome et autofinancée destinée à développer ses capacités de conception dans le domaine des systèmes aériens sans pilote (UAV). Cette démarche est basée sur son savoir-faire dans le domaine des avions d’affaires et des systèmes de combat. Elle doit permettre à la société de consolider sa gamme militaire dans un cadre ouvert de coopération nationale et internationale.

AVE en vol
AVE en vol

AVE Petit Duc

Dassault Aviation entre dans le monde des drones avec l’aéronef de validation expérimental (AVE) Petit Duc, conçu et réalisé dans le cadre d’une démarche de prototypage rapide à coût objectif. L’AVE-D, pour « discrétion », effectue son premier vol le 18 juillet 2000 sur l’aérodrome de Dreux-Senonches. C’est le premier système d’avion non piloté furtif à voler en Europe. Sa vocation première est de valider les calculs de conception pour la furtivité et étudier la confrontation des systèmes d’armes modernes aux menaces de faible signature. Il démontre, en particulier, la capacité à marier des technologies rustiques pour réduire les coûts à des technologies avancées permettant d’atteindre un niveau exceptionnel de furtivité.

Les équipes de la Direction générale technique travaillent sous la responsabilité de Pierre Georges. La mise en vol de l’appareil est assurée par la direction des essais en vol, en la personne de Francis Laurens, et par Éric Rantet de la société Aviation Design, spécialisée dans les modèles réduits et les cibles aériennes. Le partenariat avec Aviation Design concerne également la maintenance et les réparations, avec l’aide de l’usine d’Argenteuil pour certaines pièces.

L’AVE-D est ensuite rejoint par l’AVE-C (pour « contrôle ») avec une nouvelle forme de voilure et des dérives qui vole le 7 novembre 2002 à Dreux-Senonches. Il effectue, avec succès, la démonstration du vol sans dérive, sur le même terrain, le 11 juin 2003. La qualité du comportement en vol de l’AVE-C sans dérive montre la capacité de Dassault Aviation à maîtriser, pour un coût réduit, des domaines clés de conception des futurs UAV : discrétion et contrôle total de l’instabilité de l’aéronef via ses commandes de vol.