Jaguar

Origines et prototypes

Dès le début des années 60, l’état-major de l’armée de l’Air cherche un avion pouvant remplacer ses Lockheed T 33 et Fouga Magister pour l’entraînement ainsi que ses Mystère IV pour l’appui tactique. Deux sociétés sont mises en compétition : sociétés Dassault avec le Cavalier et Breguet avec le Br 121. A la même époque, la Royal Air Force désire un avion biplace, supersonique, pour remplacer ses Hawker Hunter (Operational Requirement OR 362). En octobre 1964, les états-majors français et anglais constatent une certaine convergence de vue sur leurs demandes et envisagent de fabriquer en commun le nouvel appareil.

Le 15 janvier 1965, Breguet remporte le marché car son avion est le plus petit, le plus léger et son prix conforme à celui du programme. Le 17 mai 1965, Les ministres de la Défense anglais et français, signent un accord de construction, en coopération, d’un avion école de combat et d’appui tactique Jaguar, qui est l’adaptation directe du Br 121 initialement choisi pour le programme français. Le 19 mai 1965, Breguet est confirmé pour réaliser l’appareil en coopération avec la firme britannique British Aircraft Corporation (BAC).

Les états-majors militaires des deux pays changeant plusieurs fois d’optique, le Jaguar, conçu à l’origine comme un avion école de combat et d’appui tactique, finit par devenir un avion d’appui tactique au poids et au prix sans commune mesure avec la fiche programme d’origine.

Jaguar en vol. Premier avion de combat en coopération
Jaguar en vol. Premier avion de combat en coopération

Production et utilisation opérationnelle

Le premier acte officiel commercial est signé le 9 janvier 1968, à Londres, par les ministres de la Défense français et britannique, confirmant une commande de 200 appareils pour chaque pays. Sept prototypes sont prévus, quatre en France et trois en Grande-Bretagne, fabriqués par deux chaînes de montage parallèles, une dans chaque pays.

La maîtrise d’œuvre technique de la partie française, sous la direction de la société conjointe franco-britannique SEPECAT (Société européenne de production de l’avion d’école de combat et d’appui tactique), est théoriquement assurée par Breguet Aviation racheté par la société Dassault en 1967.

Le premier vol du Jaguar a lieu le 8 septembre 1968, à Istres, piloté par Bernard Witt. Alors que les prototypes font leurs premiers vols, la RAF modifie à nouveau sa politique de défense : la mission d’entraînement lui paraît secondaire, elle préfère reporter tous les crédits sur les avions d’appui tactique.

En définitive, la RAF et l’armée de l’Air française ont opté pour cinq types d’avions différents :

  • la France, Jaguar A monoplace d’appui tactique, Jaguar E biplace d’école de combat, Jaguar M monoplace navalisé
  • le Royaume-Uni, Jaguar B biplace d’école de combat et attaque au sol, Jaguar S monoplace d’appui tactique.

Les versions françaises et anglaises ne sont pas identiques, chaque pays a imposé, pour ses propres modèles, ses équipements nationaux. L’unanimité n’a pu se faire sur le système d’armes, chaque pays possède le sien : la version anglaise est plus moderne que la version française.

Une version marine, le Jaguar M 05, est abandonnée suite aux limites opérationnelles de l’appareil sur porte-avion.

En fin de compte, la commande globale est de 573 appareils. La France et la Grande-Bretagne en ont acheté 403 auxquels s’ajoutent 54 exportés dans trois pays (Oman, Equateur, Nigeria) et 116 en Inde dont 70 produits sous licence dans ce pays.