Milan

Origines et prototypes

Dès la fin de 1967, afin de répondre à la demande de la force aérienne suisse d’un avion d’appui tactique encore plus manœuvrant que le Mirage III, Dassault et la Fabrique fédérale d’avions d’Emmen décident de placer dans le nez du Mirage de petites surfaces rétractables. La présence de ces « moustaches » permet de raccourcir la distance de décollage, d’augmenter la charge utile, de virer plus serré dans les vallées et de diminuer la vitesse d’approche à l’atterrissage (gain de 20 nœuds). Après des essais prometteurs en soufflerie, le Mirage 5 J n° 2, baptisé Astérix, doté de ses « moustaches » en configuration fixe mais ajustables de 10° en 10°, fait son premier vol à Melun-Villaroche, le 27 septembre 1968, piloté par Jean-Marie Saget.

Le Mirage III R n° 344, rebaptisé Milan 01, est équipé de moustaches rétractables. Les essais en vol débutent le 24 mai 1969. Dassault réalise alors l’avion définitif à partir de la cellule du Mirage III E n° 589 doté d’un réacteur Atar 9 K 50 de 7 200 kgp. L’appareil est équipé d’un système d’armes basé sur celui du Jaguar (voisin de celui du Mirage III E) avec quelques équipements nouveaux.

Milan en vol
Milan en vol

Production et utilisation opérationnelle

Le Milan fait son premier vol à Melun-Villaroche, le 29 mai 1970, piloté par Guy Mitaux-Maurouard. Cet appareil est présenté au concours suisse d’équipement en avions d’appui-tactique.

Le 2 mai 1972 à Emmen, le Milan S 01 est opposé au Corsair II. Le match est nul car, en définitive, la Suisse décide de prolonger la vie de ses Hunter puis d’acheter des Northrop F 5. La confrontation avec le Corsair a cependant révélé les avantages d’un système d’armes basé sur l’emploi d’une centrale à inertie et d’un viseur tête haute. Dès son retour en France, le Milan est doté d’une centrale à inertie et d’un viseur cathodique. Il sert à définir l’architecture des systèmes d’armes modernes qui équipent les Mirage F 1 d’exportation, les F 1 CR et les Super-Etendard.