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MB 300

Le premier vol du MB 300, surnommé "La Grosse Julie", a lieu le 15 ou le 16 novembre 1935 aux mains d'André Curvale et Jean Lapeyre.

Origines et prototypes : « La Grosse Julie »

En 1935, en parallèle au programme des bimoteurs qui allait donner naissance au MB 220, est émis un programme réclamant un « trimoteur rapide de 30 places » pour Air France. Deux projets sont retenus : le Dewoitine 620 et le MB-300.

Comme le MB 200, cette nouvelle machine reprend la voilure du MB 210 et introduit un nouveau fuselage et de nouveaux empennages arrière. Il s’agit donc d’un trimoteur monoplan à aile basse, intégralement métallique, doté d’un train d’atterrissage classique rétractable et de volets d’intrados. Le fuselage, de section rectangulaire à dos arrondi, permet de loger 4 passagers de front avec un couloir central de 55 cm. La cabine pour 30 passagers est divisée en trois parties : une « première » avec 8 fauteuils, un bar et 6 fauteuils, une « deuxième classe » avec 16 fauteuils. Les soutes à bagages se trouvent dans la partie inférieure du fuselage. Le poste de pilotage est prévu pour quatre membres d’équipage : deux pilotes, un radio et un navigateur. La motorisation était assurée par trois moteurs Gnome-Rhône 14 Kfrs 1 de 1000 ch.

MB 300 au sol
MB 300 au sol

Production et utilisation opérationnelle

Baptisé « Pacifique », mais surnommé « La Grosse Julie », le MB 300 est conduit sur le terrain de Villacoublay en juillet 1935. Les points fixes débutent en octobre et le premier vol a lieu le 15 ou le 16 novembre 1935 aux mains d’André Curvale et Jean Lapeyre. L’immatriculation provisoire F-AONB lui est attribuée en attendant l’obtention du certificat de navigabilité définitif.
A l’issue des premiers essais, plusieurs modifications sont apportées à l’appareil, début 1936 notamment une diminution de l’envergure et un allongement du fuselage de 31 cm. L’appareil reprend ses vols le 2 février 1936 jusqu’en juillet où il est transféré au CEMA. Fin novembre 1936, il rejoint Marignane pour la poursuite de l’expérimentation. Le 24 mars 1937, il subit un nouveau chantier de modifications : diminution du nombre de sièges de 30 à 24 (8 à l’avant, 8 au milieu avec le bar et 8 à l’arrière), augmentation de la surface de dérive et montage de moteurs 14N16/17. Il retourne au CEMA et obtient enfin son certificat de navigabilité avec l’immatriculation définitive F-AOUI.

Début Octobre 1937, l’appareil, loué à Air France par l’Etat, entreprend les essais de 100 heures d’endurance aux mains d’André Curvale et de Lionel de Marmier, alors chef des essais en vol chez Air France. C’est finalement en janvier 1938 que l’appareil rejoint officiellement la flotte de la compagnie nationale. Son devenir ultérieur est inconnu, il aurait été livré à l’Espagne.

MB 300 "Pacifique", au sol
MB 300 "Pacifique", au sol

Fiche technique

Dimensions

Envergure 25,890 m
Longueur 25,316 m
Hauteur 6,250 m
Surface alaire 97,70 m²

Masse

Poids à vide 8875 kg
Poids en charge maximal 13055 kg

Performances

Vitesse maximale à 2500 m 329 km / h
Plafond un moteur stoppé Supérieur à 3350 m
Équipage 4
Passagers 30 puis 24

Moteurs

Type 3 Gnôme et Rhône 14 N 16/17 de 1100 ch