De l’Ouragan au Rafale

Depuis le début du XXe siècle, à l’origine de l’aviation, Dassault Aviation s’est illustré, dans le monde aéronautique, par la conception, la réalisation et la production d’un nombre important d’appareils de tous types. La Société possède un caractère éminemment dual. De l’hélice Éclair de 1916 jusqu’au Falcon 6X et au Rafale, elle a accumulé un savoir-faire unique. Acteur majeur de la souveraineté nationale et fondateur de la révolution industrielle de l’entreprise numérique, Dassault Aviation est la seule société au monde à concevoir, produire, réaliser et soutenir des avions de combat, instruments d’indépendance politique, et des avions d’affaires, outils de travail et de développement économique.

L’armée de l’Air et de l’Espace et Dassault Aviation collaborent depuis de nombreuses années. Dassault Aviation a créé plusieurs générations d’avions qui ont accompagné les missions des forces françaises.

La famille Ouragan-Mystère

Fidèle à sa politique des petits pas techniques, Marcel Dassault entreprend, avec ses ingénieurs, de mettre l’aviation militaire française au meilleur niveau mondial.

L’Ouragan vole en 1949. C’est le premier avion de combat à réaction français construit en série et premier matériel aéronautique militaire français exporté après la Seconde Guerre mondiale. Son successeur, le Mystère II, est le premier appareil français à passer officiellement le mur du son. Le Mystère IV, malgré une aérodynamique extérieure apparemment identique à celle du Mystère II, est un appareil entièrement nouveau : section du fuselage piriforme, voilure plus mince à flèche accrue (32° à 25 % de la corde), puissance nettement supérieure. Il est équipé de servocommandes hydrauliques. L’Ouragan et le Mystère IV équipent la Patrouille de France. Le Super-Mystère B-2 est le premier avion de combat produit en série en Europe occidentale à atteindre une vitesse supersonique en vol horizontal à basse altitude. La production du Super-Mystère B-2 amène une évolution sensible dans la fabrication. L’aile et les empennages bénéficient d’une nouvelle technologie, dite structure intégrale. Elle réduit le temps d’assemblage et permet un gain de poids comme de robustesse. Elle autorise également une augmentation du volume de carburant emporté.

Avec 1 089 avions produits dont 271 exportés, le renouveau des ailes françaises est assuré.


Mirage III

Le symbole de la réussite de Dassault Aviation. Pour ses collaborateurs, cet avion est le plus grand coup de génie de Marcel Dassault. Ses succès lors de la guerre des Six Jours lui confèrent une notoriété mondiale. Lancé à la fin de 1955, le Mirage III 001 vole, à Melun‐Villaroche, le 17 novembre 1956, aux mains de Roland Glavany. L’appareil fait preuve d’une grande polyvalence. Il s’adapte, avec peu de transformations, à l’interception, à la chasse tactique, à l’attaque au sol ou à la reconnaissance. Les derniers exemplaires sont retirés des unités opérationnelles en 1994. Certains ont continué à servir au Centre d’essais en vol (CEV) de l’État au‐delà de cette date. Grâce aux 1 400 Mirage III/5/50 produits, la France prouve qu’elle est une nation industrielle de premier plan.


Mirage IV

Développé à la suite de la crise de Suez (1956), c’est un bombardier bimoteur biplace supersonique capable de franchir 4 500 km avec ravitaillement en vol. La ressemblance extérieure de ce magnifique appareil avec le Mirage III est frappante, en particulier la voilure, de type delta. Le Mirage IV représente la première composante de la force de dissuasion nucléaire stratégique française. Dassault Aviation est maître d’œuvre du système d’arme complet : avion, système de navigation et de bombardement ainsi qu’enveloppe et séparation de l’arme nucléaire. Le Mirage IV a effectué son premier vol le 17 juin 1959 à Melun‐Villaroche, piloté par Roland Glavany. Soixante-deux appareils de série équipent les Forces nucléaires stratégiques françaises entre 1964 et 2005.


Jaguar

Biréacteur supersonique d’appui tactique et d’entraînement avancé, il a été conçu et réalisé par la France et la Grande-Bretagne. Au sein de la société commune SEPECAT, Breguet, puis Dassault Aviation à partir de 1967, et British Aircraft Corporation, ont développé et produit le Jaguar dans ses différentes versions, monoplace ou biplace.

Le premier prototype vole à Istres le 8 septembre 1968, piloté par Bernard Witt.

Fabriqué en 605 exemplaires, 200 appareils ont servi dans l’armée de l’Air de 1973 à 2005, et 203 dans la Royal Air Force de 1973 à 2007. Le Jaguar a été exporté en Équateur, en Inde, au Nigéria et à Oman. Il a été engagé dans plusieurs conflits dont la guerre du Golfe, en 1991, où il a accompli des missions délicates grâce, en particulier, à ses armements guidés laser.


Mirage F1

Issu du Mirage F2 (1966) qui revenait à la formule classique de l’aile en flèche avec empennages, le Mirage F1 est un avion de défense et de supériorité aérienne monoplace. Le retour à cette formule a été facilité par les progrès technologiques permettant de fabriquer une voilure ultramince et robuste offrant une finesse en supersonique équivalente à celle de l’aile delta. Le fuselage est en structure intégrale étanche, pour loger le maximum de carburant. Entré en service dans l’armée de l’Air française en 1973, le Mirage F1 a été vendu à plus de 700 exemplaires dans 11 pays.


Alpha Jet

C’est un biréacteur biplace en tandem d’entraînement et d’appui tactique, conçu en coopération par Dassault-Breguet (France) et Dornier (Allemagne) pour répondre à un programme établi en commun par les armées de l’air française et allemande. L’appareil a effectué son premier vol le 26 octobre 1973 à Istres piloté par Jean‐Marie Saget. Depuis sa mise en service opérationnel en 1978, sa définition technique a été modifiée afin de suivre les évolutions des systèmes de navigation et d’attaque. Plus de 500 Alpha Jet ont été commandés par 10 pays : France, Allemagne, Belgique, Qatar, Côte d’Ivoire, Togo, Maroc, Nigeria, Égypte et Cameroun. Il équipe également la Patrouille de France depuis 1981.


Mirage 2000

Entré en service dans l’armée de l’Air et de l’Espace en 1984 dans sa version défense aérienne (C et B), le Mirage 2000 est apprécié par ses utilisateurs. L’arrivée du Mirage 2000 marque le début d’une période nouvelle. Les différentes versions de l’appareil apportent des améliorations notables : manœuvrabilité, confort de pilotage, sécurité, capacités opérationnelles, contre-mesures. La qualité et la sûreté de ses commandes de vol, comme la simplicité de sa maintenance, sont réputées. Déployé en combat sur de nombreux théâtres opérationnels, le Mirage 2000 est devenu une référence en termes de disponibilité, de maintenance et d’évolutivité. Son interopérabilité avec d’autres avions de l’OTAN et son efficacité au combat ont été démontrées. Plus de 600 Mirage 2000 ont été produits dont 286 pour sept armées de l’air étrangères.


Rafale

Le Rafale est le fruit de 70 ans d’excellence technologique de l’aviation de chasse française à réaction inaugurée par l’Ouragan et poursuivie par les familles des Mystère, Mirage et Jaguar.
Entré en service dans l’armée de l’Air et de l’Espace en 2006, le Rafale a été conçu comme un outil polyvalent susceptible d’assurer les missions dévolues jusqu’alors à sept types d’appareils différents. En France, 225 Rafale remplaceront 700 appareils de génération précédente, dans l’armée de l’Air et de l’Espace et dans la Marine Nationale. Véritable « multiplicateur de forces », le Rafale est un facteur de rationalisation des armées à coûts maîtrisés. L’architecture ouverte de l’avion autorise des évolutions de configuration et de standard pour rester au meilleur niveau technologique et opérationnel. L’actuel standard F3-R, associé au radar à antenne active (le premier en Europe), conforte les atouts du Rafale dans les missions air-air (missile Meteor) et air-sol (AASM à guidage terminal laser, pod de guidage Talios). Le standard F4, qui renforcera encore la connectivité de l’appareil, entrera en service en 2025.

Le Rafale sera l’avion de combat des armées françaises jusqu’en 2050 au moins.


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